Honte pour la RDC: querelle autour d’un cercueil titre RFI

Sur le site d’information congolais 7 sur 7, on peut voir le plan en trois dimensions du mausolée qui devrait accueillir le corps de l’opposant Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février dernier à Bruxelles. Un immense mausolée de pierre construit sur un espace de 500 m2 au cimetière de la Gombe à Kinshasa.

« Un travail d’hercule, s’exclame 7 sur 7. Une vingtaine d’ouvriers s’affairent à donner forme au caveau. […] Depuis que la famille a confirmé le rapatriement de la dépouille mortelle du leader de l’UDPS le 11 mars prochain, l’endroit où se construit la sépulture du Sphinx de Limete est devenu comme un site touristique. Membres des partis de l’opposition, frères et sœurs du défunt, différentes personnalités et même quelques curieux passent par là pour jeter un coup d’œil. Bien que les travaux en soient encore au début, les visiteurs occasionnels s’immortalisent en mode selfie avec un trou rectangulaire vide. »

Ce rapatriement annoncé par la famille du défunt provoque des dissensions au sein de l’UDPS. Des échauffourées ont même eu lieu hier devant le siège du parti. « Pour les anti-rapatriement, précise encore 7 sur 7, il n’est pas question que le corps de leur leader soit ramené à Kinshasa sans que l’Accord de la Saint-Sylvestre soit respecté avec, entre autres, la nomination d’un nouveau premier ministre. Ils se disent non concernés par la décision annoncée par la famille du Vieux. Piqués au vif, ils ont pris l’option d’aller questionner Félix Tshisekedi sur ce qu’ils considèrent comme un dérapage. Mais sur leur chemin, se sont dressés les pro-rapatriement. » Et une brève altercation s’en est suivie…

Le parti, lui, dit se ranger à la décision de la famille mais les militants veulent donc d’abord qu’un nouveau Premier ministre issu du rassemblement de l’opposition soit nommé, comme le prévoit l’accord politique signé fin décembre entre opposition et majorité.

Trahison ?

Ce désaccord vient confirmer la grande fragilité du Rassemblement de l’opposition congolaise qui n’arrive toujours à se mettre d’accord sur la mise en application de l’Accord politique du 31 décembre.

Le Potentiel à Kinshasa hausse le ton ce matin à ce sujet en accusant carrément le Rassemblement de « trahison […]. Ya Tshitshi, l’un des surnoms de Tshisekedi parti, ses compagnons se montrent incapables de surmonter leurs clivages, dénonce le quotidien congolais. Le partage des postes de responsabilités les a poussés à étaler à la face du monde leur inconstance. […] Entre le compromis de Genval et les espoirs suscités en juin dernier en Belgique, le Rassemblement a choisi la voie de la trahison, s’exclame donc Le Potentiel. Entre ses composantes, c’est le langage de sourds, sous-tendu par des discours enflammés. Empêtré dans ses contradictions autour d’un hypothétique plan de restructuration, le Rassemblement plante le décor d’un énième glissement, après avoir subtilement concédé à celui du 19 décembre 2016. La MP, la Majorité présidentielle, elle, se frotte les mains et entrevoit l’imminence d’un référendum constitutionnel, qui permettrait au président Kabila de briguer un énième mandat. »

Le pouvoir congolais encore sermonné

Dans le même temps, le pouvoir congolais subit de nouveau les foudres de la communauté internationale, cette fois par le biais de l’ONU… « La fin de mandat de Joseph Kabila a été particulièrement violente en RDC en décembre dernier, selon le Bureau conjoint des nations-unies des droits de l’Homme, pointe le site d’information Afrikarabia. L’ONU accuse l’armée et la police d’avoir délibérément tiré sur des civils dans le but de les tuer. »

« Pour sûr, commente Le Pays au Burkina, ce énième rapport vient en rajouter à la mauvaise réputation de la RDC en matière de violations des droits humains. L’image du pays a commencé à aller de mal en pis ces derniers temps, depuis que le président Joseph Kabila a clairement affiché son intention de rester encore dans le Palais de la Nation, c’est-à-dire de prolonger son bail constitutionnel, envers et contre tous. […] Et ce qui choque, poursuit le quotidien ouagalais,c’est ce ton empreint d’un mépris sarcastique des autorités congolaises à toujours entonner cette vieille rengaine contre les différents rapports qui accablent le pays sur les violences meurtrières. A chaque fois que la RDC est accusée de répressions aveugles perpétrées par les forces de l’ordre, les dirigeants trouvent toujours à redire. […] Toujours dans la logique du déni.[…] En tout état de cause, conclut Le Pays, il est plus que temps que le pouvoir congolais, comme le recommande l’ONU, accepte le jeu démocratique en étant respectueux des libertés de manifester et de l’intégrité physique de tous les acteurs qui animent la vie politique. Autrement, tant que persistera ce goût morbide de casser de l’opposant à tout prix, tant que les violences meurtrières resteront impunies, la justice restera à la porte de Kinshasa. Et la démocratie avec. »

 

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